Côte d’Ivoire : des journalistes et blogueurs formés à la couverture du développement durable

Pendant trois jours 28 journalistes et blogueurs en provenance de 21 pays africains ont bénéficié d’une formation sur la couverture du développement durable à Abidjan. L’atelier organisé par la Banque Africaine de Développement et la Fondation Thomson Reuters a permis de mettre en lumière les cinq grandes priorités de la Banque (High 5) pour transformer la qualité de vie des populations africaines, de mieux comprendre le rôle de la banque dans les projets qu’elle finance, de découvrir sur le terrain des projets portés par la Banque dans la région du Bélier et enfin d’avoir une idée de ce qui attend les participants au Meeting annuel prochain de la Banque à Malabo.

Identifier les problèmes et proposer des solutions

La formation comportait des sessions en plénière, des visites de sites, une conférence de presse ainsi que des travaux de groupe. Il nous a été donné de partager à cette occasion les problèmes les plus importants rencontrés dans nos pays respectifs.

Le manque d’eau potable, d’électricité, d’autosuffisance alimentaire sont des préoccupations transversales. La nécessité de mécaniser et moderniser l’agriculture avec des systèmes d’irrigation adaptés, de rendre l’activité attrayante pour les jeunes, de promouvoir le vivrier et pas uniquement les cultures de rentes, de penser transformation et de réduire les exportations de nos produits bruts pour éviter qu’ils ne reviennent chez nous plus chers ( parce que les pays occidentaux auront réussi à leur donner de la valeur ajoutée) est une problématique récurrente. Le souci des routes impraticables rendant l’acheminement des productions ou le déplacement des populations difficile a également été évoqué.

La déforestation, les changements climatiques,les exploitations minières qui sont concédées pour des durées excessives et sans bénéfices réels pour les populations environnantes dont les vies sont pourtant bouleversées par l’activité minière est une thématique dans laquelle plusieurs participants ce sont reconnus. Tout comme la délinquance juvénile qui s’accroit, avec des enfants de plus en plus jeunes qui dominent les crimes violents et la montée de la menace terroriste.

Rapporteur du groupe B à la séance de restitution des travaux de groupe.

Nous avons réfléchi ensemble à des pistes de solutions et proposés 3 projets fictifs et pourtant réalisables qui pourraient faire une différence pour un problème sélectionné par groupe.

Le groupe A s’est penché sur la question de l’accès à l’eau potable dans une localité afin de soulager la population en général et les femmes en particulier. Le Groupe B, dont je faisais partie, a proposé un centre de réinsertion pour jeunes en détention, à qui on enseignerait les rudiments de l’agriculture pour leur apprendre un métier, et permettre l’autosuffisance alimentaire des détenus et des foyers environnants. Le groupe C a choisi l’accès aux infrastructures de communication sur certaines îles de Guinée Bissau.

Blogueurs et journalistes, agents de changement

A la fin de ces exercices, il est apparu clairement que les journalistes et blogueurs sont des agents de changement et de développement. En plus de transmettre l’information ils peuvent être aussi au cœur de la réflexion pour des projets concrets apportant un mieux être significatif à la population. Le Docteur Victor Oladokun Directeur de la communication et des relations extérieures de la Banque, a invité les participants à se faire l’écho des histoires positives dont l’Afrique ne manque pas.

« Nous sommes les gardiens d’un récit qui peut inspirer et donner des ailes aux rêves. Grâce au travail que nous accomplissons, nous sommes en mesure de donner chaque jour espoir, signification, direction et opportunités à des millions de jeunes hommes et femmes africains. »

Docteur Victor Oladokun Directeur de la communication et des relations extérieures de la Banque Africaine de Développement

En effet, nous sommes souvent tentés de mettre en avant les dérives, les difficultés, les insuffisances de nos systèmes. Il ne s’agit pas de ne plus le faire mais de mettre également en lumière les succès, les modèles locaux de réussites, les avancées afin de donner au public une information équilibrée pour qu’il procède à des choix éclairés.

Une des raisons qui pousse des milliers d’africains  à périr dans la mer ou dans le désert chaque année, en tentant de rejoindre l’Europe clandestinement, c’est leur incapacité à rêver et se projeter dans l’avenir dans leur pays d’origine ou sur le continent en général. Ils sont abreuvés de belles histoires venant d’ailleurs,leur faisant miroiter un eldorado qui les séduit au point de tourner à une obsession malsaine. En effet, bon nombre de ceux qui échappent de justesse à la mort dans leur périple, déclarent être prêts à retenter l’aventure dès que l’opportunité se présentera. C’est dire le niveau de désespoir. C’est dire l’importance de relater aussi l’Afrique sous un jour différent, tourné vers le progrès, les acquis, l’espoir. Nos plateformes peuvent faire une différence.

Les journalistes et blogueurs attendus à Malabo

C’est pour toutes ces raisons que les journalistes et blogueurs sont également très attendus chaque année aux assemblées de la Banque Africaine de Développement. La prochaine édition se tiendra du 11 au 14 Juin à Malabo, en Guinée équatoriale sous le thème »Intégration régionale pour la prospérité économique de l’Afrique ». Pour le Professeur Vincent Nmehielle, Secrétaire Général de la Banque, cette assemblée générale de 2019 est une opportunité de montrer pourquoi l’intégration régionale est importante.

 « La Guinée équatoriale est un des pays les plus développés d’Afrique, mais peu de personne le savent. »

Les Assemblées annuelles de la Banque sont une chance unique d’aborder les défis auxquels le continent est confronté et aussi de proposer des moyens pour avancer dans l’intégration régionale de l’Afrique à travers des sessions statutaires destinées aux actionnaires de la banque et des évènements spécifiques appelés « knowledge event » en anglais. Il y aura par exemple des discussions autour de la publication phare de la Banque sur les “Perspectives économiques 2019 pour l’Afrique”, sortie en janvier. Vous pouvez le télécharger en différentes langues en cliquant ICI.

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4 thoughts on “Côte d’Ivoire : des journalistes et blogueurs formés à la couverture du développement durable”

  1. Bonsoir Yehni Djidji. Merci de partager avec vos lecteurs tout ce qui a été fait pendant ces trois jours d »activités.
    Je me réjouis du fait que la question de l’activité minière ait été abordée pendant l’atelier de formation, car lorsqu’on se réfère au cadastre minier http://portals.flexicadastre.com/CoteDIvoire/FR/ on se rend compte que cette activité gagne non seulement du terrain et mais soulève d’autres problèmes dans les communautés affectées par les exploitations minières.
    Par ailleurs, avec la formation reçue, quelle sera la contribution des blogueurs pour que, en Côte d’Ivoire, l’on assiste désormais à la réalisation de projets d’exploitations minières dans un contexte où les droits des communautés sont respectés et la protection de l’environnement est prise
    en compte ?

    1. Bonsoir Arnaud Fa,

      Merci pour votre contribution. Le principe du blog est la liberté. Liberté de choisir ses sujets, ses thématiques, ses causes. Pas évident pour un blogueur mode ou cuisine ou beauté de parler d’un tel sujet. Je ne peux donc pas parler de la contribution des blogueurs en général.

      Par contre à mon niveau ma contribution est de mettre en lumière les problèmes que vous évoquez. Il y a quelques mois je me faisais par exemple l’écho sur mon blog de la diffusion dans les écoles d’un documentaire sur les conséquences de l’exploitation minière en Afrique de l’Ouest. Le cas du Nigéria, du Ghana et de la Côte d’ivoire ont été évoqué. Je vous met le lien ici. http://www.yehnidjidji.net/perspective-un-autre-regard-sur-lactivite-miniere-en-afrique-de-louest/

      Si donc vous avez des exemples concrets, des témoignages, attestant que des projets d’exploitations en Côte d’Ivoire sont réalisés sans tenir compte des communautés ou de l’environnement, n’hésitez pas à les partager.

      1. Bonsoir Yehni Djidji,

        Avec le lien que vous m’avez envoyé, je comprends que certains blogueurs, comme vous, sont accordent beaucoup d’intérêt à la question de l’exploitation minière.

        Concernant le partage, bien reçu. Je n’hésiterai pas le faire.

        Aussi, les organisations de la société civile se préparent à faire le suivi citoyen dans le secteur minier. Cette initiative est soutenue par les résultats obtenus à la suite des actions menées en 2018 dans le secteur minier. Voici le lien d’un article que j’ai écrit sur le sujet : https://leblogdarnaudfa.wordpress.com/2019/05/14/initiatives-societe-civile-la-societe-civile-veut-voir-clair-dans-ce-qui-se-passe-dans-le-secteur-minier-ivoirien/

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