Protéger les enfants contre les violences : des mesures s’imposent

Ces derniers mois ont été jalonnés par des histoires d’abus sexuels, en particuliers sur de très jeunes enfants. 3 ans, 4 ans…. Ces chiffres donnent mal à la tête, font monter les larmes aux yeux et la révolte dans le cœur. Certaines victimes sont mortes à la suite des sévices. D’autres sont encore en vie mais garderont les séquelles de la barbarie qu’elles ont vécue.

Comment protéger nos enfants devient une préoccupation majeure pour nous parents. Mais nous ne sommes pas seuls. Toutes les personnes avec un brin d’humanité, sensibles à l’innocence des enfants se posent cette question. La mort dans l’âme j’ai dû expliquer à mon fils de 5 ans qu’il devait me tenir informée si quelqu’un le touchait de telle ou telle façon. Je lui ai volé une partie de sa candeur à contre cœur. Non il ne peut pas jouer n’importe comment avec n’importe qui. Non il ne peut pas juste faire confiance à tout le monde. Dehors est dangereux. Le croque-mitaine s’attaque aux enfants seuls. Mais dans certains cas, même l’intérieur du cocon familial n’est pas un abri suffisant. Des pères qui violent leurs enfants, des frères qui violent leur petite sœur. Histoires authentiques. Naviguer sur les réseaux sociaux nécessite d’avoir le cœur bien solide ces temps-ci.

Prières, consignes fermes, surveillance plus étroite de notre progéniture, nous essayons comme nous pouvons de nous entourer de balises pour minimiser les risques que nos enfants deviennent des victimes d’abus. Car les abus ne sont pas uniquement d’ordre sexuel. La maltraitance, la négligence, l’exploitation empêchent également nos enfants de s’épanouir pleinement. Mais ces balises individuelles, familiales, sont-elles suffisantes ?

A l’échelle nationale, que faire pour que tous les enfants, même ceux qui ne bénéficient pas du cadre familial adéquat ne soient pas livrés à toutes les envies de pervers sans vergogne ?

En Côte d’Ivoire, il existe depuis 2012 une Politique Nationale de Protection de l’Enfance. Sur une soixantaine de page, il y est décrit en détail, les méthodes pour provoquer des changements positifs dans le comportement des populations, les mesures concrètes de prévention contre toutes formes de violence, maltraitance, abus et exploitation. Elle préconise également la création de services adaptés afin d’assurer le rétablissement des enfants victimes et le recours à la justice pour que l’Etat de droit soit une réalité pour les enfants.

Pourtant le 11 Juillet 2016, la division des droits de l’homme de l’ONUCI dénonçait, à travers son rapport publié sur la période du 01 Janvier 2012 au 31 Décembre 2015, de multiples cas d’abus sexuels sur les personnes vulnérables y compris les enfants. In fine, ce rapport fait état de 1129 cas de viol dont 66% d’enfants.

Je suis persuadée que ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreux cas où la victime garde le silence et n’ose pas donner l’alerte. Ils ne tiennent pas compte de la pléthore de règlements à l’amiable qui ont droit de cité dans nos villes et villages au nom de la cohésion et de l’honneur. Il y a deux jours à peine, je lisais sur Facebook le cri de cœur d’une dame dont la petite cousine a été violée dans une ville de l’intérieur du pays. La famille a décidé de porter plainte et est harcelée pour retirer sa plainte et régler l’affaire à l’amiable. Elle ne se sent plus en sécurité. Nous sommes encore à un stade où les victimes en plus d’avoir été agressées, bafouées, humiliées doivent se taire et ne pas réclamer justice. La famille a décidé de ne rien lâcher.

J’ai pu voir dans cette belle Politique Nationale de Protection de l’Enfance cette phrase magnifique tirée d’ailleurs de notre constitution  « L’État et les Collectivités publiques ont le devoir de veiller au développement de la jeunesse. Ils créent les conditions favorables à son éducation civique et morale et lui assurent la protection contre l’exploitation et l’abandon moral ».

Je suis donc allée justement relire cette constitution et j’y ai vu ceci à l’article 6 « L’Etat assure la protection des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées. »

L’Etat doit protéger nos enfants. C’est un devoir. C’est une obligation. Est-ce que la PNPE fonctionne correctement? Est-ce qu’il y a des contraintes particulières qui ont émergé de sa mise en exécution ? Si oui, comment la rendre plus efficace?

Nos enfants méritent de grandir et s’épanouir en toute sécurité.

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