photo de famille Livresque 27

Livresque café littéraire, 27 éditions déjà !

La 27ème édition de Livresque s’est tenue hier, Samedi 15 Septembre à la Librairie Carrefour Siloë avec Seydou Gougna. 27 éditions déjà.  On ne fait pas souvent attention aux chiffres quand il s’agit de nos enfants. Les projets que nous portons sont comme nos bébés. Ils ont beau grandir on le voit rarement. C’est le regard des autres qui nous rappelle que le temps a fait son œuvre. Ce regard externe a été celui de Tchonté qui m’a invitée à une interview la veille de Livresque. Nous y avons parlé de ce qui m’a motivée à lancer ce café littéraire puis à en faire une entreprise.

Le chiffre 27 a sonné comme jamais auparavant. Et j’avoue que je me suis sentie fière, fière d’avoir tenu bon toutes ces années depuis 2013. J’ai démarré ces rencontres livresques en même temps que plusieurs autres personnes qui n’ont pas continué. D’autres se sont lancés après moi mais n’ont pas pu pérenniser leur initiative. Ça n’a l’air de rien mais faire vivre un évènement aussi petit soit il est à la fois budgétivore et chronophage. Pour arriver au résultat que l’on voit le jour J, il en faut du travail en amont et même en aval. Quand on n’a pas de sponsors réguliers, c’est encore pire !

L’histoire derrière livresque

En 2013 j’ai publié un statut sur les réseaux sociaux parlant du fait qu’on trouvait plus de personnes pour assister à des concerts qu’à des évènements littéraires. Un agent d’une radio néerlandaise pour laquelle j’écrivais de temps en temps m’a demandé de faire un article plus poussé. Je suis donc allée dans le détail pour montrer que l’un des éléments qui faisait la force de l’industrie musicale était la multiplicité des lieux de propagation de l’information. Ces lieux qui permettaient aux personnes ayant le même centre d’intérêt de se rencontrer. En dehors de la télévision, on pouvait passer l’annonce d’un concert dans les bars, les maquis, les boîtes de nuits et Dieu sait qu’il y en a beaucoup sous nos cieux. Quid du livre ? On ne pouvait en parler que dans le peu de librairies et de bibliothèques existantes. J’ai donc relevé l’intérêt d’initier des espaces de rencontres réguliers qui permettraient de créer ou entretenir la flamme littéraire tout en servant de point de relais pour les évènements qui enrichissent l’intellect.

Mais le défi ne s’arrêtait pas là. Il fallait penser un genre nouveau de rencontres, pas celles avec des mots pédants et rébarbatifs et un public vieillissant.  Il fallait un concept frais capable d’attirer les jeunes, avec musique, slam, danses pourquoi pas, cocktail et plus si affinités, pour enrober le message littéraire qu’on voulait véhiculer d’attraits nouveaux.  L’article a été très apprécié et mon contact m’a demandé pourquoi je n’initierais pas moi-même un tel évènement. Je n’y avais pas pensé. Comme beaucoup parmi vous je préférais rester derrière mon clavier et partager mes réflexions. Agir dans la vraie vie, c’était m’exposer aux critiques et surtout à l’échec.  Mais j’ai fini par me lancer et depuis lors je vis une belle aventure.

Persévérer malgré les obstacles

Malgré les contraintes financières, malgré les pauses à cause des congés de maternité, de mes voyages, ou d’autres contraintes, « livresque » le café littéraire continue de vivre. Il crée à petites doses une saine émulsion chez les participants. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est toujours gratifiant de voir les sourires sur les visages, de recevoir félicitations et remerciements, de lire dans mon inbox des messages de personnes qui n’aimaient pas lire mais ont décidé d’acheter une oeuvre, après avoir participé à livresque.

Un mode d’emploi à venir

Je ferai un article plus détaillé pour expliquer comment j’organise livresque et comment vous aussi vous pouvez créer votre évènement littéraire. Je l’ai dit on a besoin que ces initiatives se multiplient. Et après avoir lu sur le blog de Tchonté, encore elle, des guides assez détaillés pour permettre aux gens de reproduire les activités qu’elle mène, je crois que ceux qui réussissent avec un minimum de succès à entreprendre des choses gagneraient à partager également leur expérience. Encore plus dans ce genre de domaine dont tout le monde voit l’utilité mais où peu de personnes souhaitent investir.

Nous ne sommes pas des concurrents. Nous devons œuvrer ensemble pour que le livre revienne au cœur des habitudes et que la qualité de l’éducation de nos enfants, de nos concitoyens en soit impactée.

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