J’ai lu : Born a Crime de Trevor Noah

Une mère atypique

On dit que les mamans africaines donnent des corrections mémorables, mais je ne sais pas si vous avez déjà connu une mère comme celle de Trevor Noah.

Il explique qu’elle n’était pas le genre à te demander de venir recevoir une bonne correction.  » Viens je vais te frapper ». Non. Elle venait à toi pour t’offrir la punition sans frais de livraison. Et si tu fuyais, elle te poursuivait, elle utilisait tous les objets à portée de sa main pour te lapider. Tout le quartier était habitué à les voir traverser les rues et les maisons en courant. Et quand il est devenu trop grand et s’est mis à courir trop vite pour qu’elle le rattrape facilement, elle criait  » voleur ! » s’il ne s’arrêtait pas pour être corrigé.

Selon Trevor Noah en Afrique du Sud, personne ne se mêlait des affaires des autres sauf quand il s’agissait de corriger un voleur. Là, tout le monde rappliquait. Alors elle criait voleur, sachant que des étrangers allaient essayer de l’attraper, de le tacler, ce qui allait rendre sa course difficile pendant qu’il s’efforcerait à rétablir la vérité:  » Je ne suis pas un voleur ! Je suis son fils ! « 

Un narrateur hors paire

Trévor Noah a un don pour la narration. Je l’ai senti en lisant la version papier du livre. Je l’ai entendu en écoutant la version audio de l’ouvrage. J’ai été confortée en écoutant ses représentations humoristiques. Il sait faire rire et pleurer. Et on rit beaucoup heureusement en lisant l’ouvrage: comme cette conversation à la caisse du supermarché. Petit résumé à ma façon. Trevor insiste encore et encore. Il veut des bonbons. Sa mère ne veut pas. Il persiste. Elle cède. Elle l’autorise à aller en prendre pendant qu’elle reste dans la file. Quand il revient avec ses bonbons qu’il veut rajouter à ses achats, le palabre commence.

Caissier : jeune homme attendez votre tour je finis avec la dame.

Trevor: Elle va payer pour moi.

Maman: Pardon ? Qui va payer pour toi ?

Trevor : Toi, Maman.

Maman: Pardon ? Je ne suis pas ta maman je ne te connais pas.

Trevor: haï ? Maman ?

Maman: Qui est ta maman ? Petit tu ne trouves pas ta maman ? Tu es perdu ?

Caissier: Ce n’est pas ta maman. Elle est noire et tu es blanc.

Maman: Les gens ne surveillent plus leurs enfants hein. J’espère qu’il va trouver sa maman.

Et elle est sortie pour le laisser là-bas avec ses friandises.

L’influence des sacrifices d’une mère

L’atypique Maman Noah est mon coup de cœur, même si ses méthodes sont peu orthodoxes. Je respecte et admire les sacrifices qu’elle a consentis pour que son fils vienne au monde, s’épanouisse, ait une bonne éducation et puisse avoir le choix dans un contexte d’apartheid. Elle a une forte présence dans tout le livre. Le dernier chapitre lui est d’ailleurs entièrement dédié.

Un enfant peut-il finalement conter sa vie sans raconter sa mère ? Je viens d’achever « Gifted Hands » de Ben Carson et l’influence de sa mère sur son fabuleux destin est indéniable. Ça m’a fait penser à l’influence de ma propre mère sur ma vie et à celle que j’ai et que je veux avoir sur la vie de mes enfants. Ce que je ne ferai pas pour eux, les affectera autant que ce que déciderai de faire pour eux. Quelle responsabilité ! Une responsabilité que Maman Noah a bien comprise. Elle savait par exemple que sa relation avec son fils affecterait le futur mariage de ce dernier. Alors qu’il n’était pas encore en âge de penser à des relations amoureuses, elle le formait déjà à être un bon conjoint.

Quand Trevor rentrait à la maison et qu’il lançait un « salut » sans la regarder, elle le rappelait à l’ordre ainsi:

« Non Trevor. Regarde-moi. Remarque-moi. Montre-moi que j’existe pour toi parce que la manière dont tu me traites est la façon dont tu traiteras ta femme. Les femmes aiment qu’on les remarque. Viens et remarque-moi et montre-moi que tu me vois. Ne me vois pas seulement quand tu as besoin de quelque chose. »

Elle lui inculquait déjà les bases pour avoir des relations saines avec sa femme. Elle saisissait chaque occasion pour lui apprendre à être un homme. Malheureusement, selon lui, elle ne lui a pas suffisamment appris à être un enfant. Elle le traitait comme un adulte. Mais j’ai aimé l’idée de garder en mémoire, en tant que mère, que nous façonnons significativement la personnalité de nos enfants et qui ils seront en société plus tard.

Un miracle pour la fin

Je le disais tantôt, le dernier chapitre parle de la vie de maman Noah et l’ouvrage finit sur une note assez inattendue: celle de la puissance de Dieu qui fait encore des miracles aujourd’hui.

Vu la façon dont il tourne un peu en dérision les pratiques religieuses de sa mère, c’était vraiment le dernier livre où je m’attendais à lire un témoignage chrétien aussi puissant.  Mais il a admis, comme des médecins d’ailleurs qu’il cite dans le livre qu’il n’y avait pas d’autres explications pour justifier ce qui s’est passé.

Une arme qui vient de tirer une balle, s’enraye quand le meurtrier veut abattre en pleine tête sa victime clouée au sol.  Il est au-dessus d’elle. Il ne peut pas la manquer. Mais l’arme se bloque. L’arme ne se bloque pas une fois mais 4 fois successivement. L’arme refuse de tirer. Les balles s’éjectent toutes seules. Puis l’arme tire à nouveau quand la victime est loin? Du jamais vu.

Une balle qui traverse la tête par l’arrière et sort par la narine après avoir contourné de quelques millimètres tous les organes vitaux ? Il y a une main divine à l’oeuvre.

Une victime qui guérit d’une blessure par balle à la tête en quelques jours et reprend le travail sans souci. C’est tout simplement miraculeux.

Cette fin m’a donné plusieurs leçons:

1-On n’a pas toujours besoin de mettre le nom de Jésus en gros caractère sur une œuvre pour évangéliser. Dans le livre de Trévor Noah c’était subtile mais j’ai été touchée.

2-Il y a des miracles qui valent des heures d’évangélisation en paroles. Tu ne peux pas avoir vécu ce genre de scène et ne pas croire que Dieu existe et a agi. Les expériences personnelles avec Christ font aussi naître et grandir la foi.

3-On peut être une femme forte, intelligente, indépendante, chrétienne et se retrouver battue, humiliée, victime à cause de mauvais choix amoureux. Ça peut arriver à tout le monde. Ça peut arriver à n’importe qui. Il n’y a pas de profil type. Ne laissons pas nos sentiments prendre le dessus sur notre relation avec Dieu. En amour aussi, nous avons besoin de sa direction.

J’ai aimé.

Related Posts

J’ai lu: jusqu’au bout du rêve de Agnès Kraidy et Zio Moussa

J’avais 27 ans quand j’ai décidé de tenter l’aventure de l’entrepreneuriat. Je me suis dit

7 astuces pour lire plus en 2020

Un de mes objectifs 2020 est de lire au moins 52 livres pendant l’année. Plus

J’ai lu « Centrée sur Dieu » de Elizabeth George

Ces derniers temps je lis beaucoup. En moyenne, je dévore deux livres par semaine. Parfois

J’ai lu : tout se joue avant 6 ans du Docteur Fitzhugh Dodson

J’ai deux fils. Numéro 1 a 5 ans et Numéro 2 en aura 3 cette

Laisser un commentaire